Affichage des articles dont le libellé est À REVOIR. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est À REVOIR. Afficher tous les articles

mardi 22 juin 2010

THE ANDROMEDA STRAIN (Robert Wise, 1971)

Sans soutenir la comparaison avec "2001", "The Andromeda Strain" est néanmoins un film de science-fiction réussi grâce notamment à un bon scénario qui s'appuie sur une nouvelle solide de Crichton. Pourtant ça démarre poussivement avec quelques scènes de remplissage. On entre véritablement dans le vif du sujet que lorsque les quatre scientifiques commencent leurs travaux sur cet étrange mystère Andromède. Tout est alors décrit précisément sans galimatias. Le danger que représente le microorganisme extraterrestre devient palpable. Dommage que la fin, résolument optimiste, offre une morale assez faible. Mieux réussi, "The Thing" de Carpenter préférait à bon escient laissait le spectateur à son imagination.

LIFEBOAT (Alfred Hitchcock, 1944)

"Lifeboat" est un film de commande, un film de propagande. La contribution d'Hitchcock à l'effort de guerre. L'objectif de Steinbeck qui s'était vu confier l'écriture du premier traitement, était de lancer un appel à l'unité nationale. Il s'agit de conduire les États-Unis incarnée dans sa diversité par neufs représentants clairement typés vers l'unité qui doit faire sa force.
Sur cette base, qui est celle d'un drame psychologique et nullement celle d'un film d'action, Hitchcock impose immédiatement sa marque, celle d'un réalisateur définitivement très porté sur la forme et le dispositif (forte psychologie suggérée par l'emploi répété de gros plans et le fait que la caméra ne quitte jamais le canot). L'ironie est très présente dans les dialogues. Les rapports de classes, sujet bien hithcockien, sont mis en avant avec mordant. Dans sa conception le film est singulier sur deux points. Dans sa pré-production le film a été presque entièrement planifié en storyboard, fait très rare à l'époque. Plus rare encore, profitant du décors unique, Hitchcock l'a tourné strictement séquentiellement.
Un temps envisagée, la traditionnelle apparition du réalisateur sous la forme de sa dépouille flottant entre deux eaux, ne fut finalement pas retenue (pour les implications physiques qui en découlait). Humour typiquement anglais qui flirtait dans le contexte avec le mauvais goût. Le réalisateur qui suivait alors un régime très strict apparaît deux fois en photo sur un journal pour la publicité d'un produit amaigrissant (avant/après). La réussite est d'ailleurs tellement saisissante (plus de 40 Kg perdus) que Hitchcock reçut de nombreuses demandes de fans qui cherchaient un régime miracle !

mercredi 9 juin 2010

ENCOUNTERS AT THE END OF THE WORLD (Werner Herzog, 2008)

En Antarctique, Herzog s'intéresse aux marginaux de Mc Murdo et en particulier à ses scientifiques, biologiste plongeant en mer de Ross, vulcanologue crapahutant sur le mont Erebus ou autre glaciologue étudiant l'iceberg B-15. De bonnes réflexions dans un environnement original mettent le documentaire au-dessus de ceux qu'on peut voir à profusion sur le petit écran. On sent quand même que tout cela s'est construit dans l'improvisation et c'est parfois décousu. Mais la patte du réalisateur allemand est bien là et son savoir-faire singulier offre toujours un résultat captivant.

samedi 29 mai 2010

THE RED SHOES (MICHAEL POWELL & EMERIC PRESSBURGER, 1948)

Ce conte cruel à la mise en scène inventive qui atteint au sublime lors de la longue séquence du ballet "Les chaussons rouges" souffre du jeu inégal des trois acteurs principaux (bien que leurs personnages soient plutôt bien écrits). Moira Shearer danse bien mais n'émeut pas beaucoup ; à la mort de la ballerine, on se demande qui, de Marius Goring en gare ou de Anton Walbrook sur scène, réalise la prestation la plus lamentable. Enfin comment ne pas regretter que le scénario n'ait pas suivi le dénouement du conte d'Andersen qui voit la jeune fille obtenir du bourreau qu'il lui coupe les pieds. Enfin, le spectacle est quand même diablement envoutant.

mercredi 26 mai 2010

BOB LE FLAMBEUR (Jean-Pierre Melville, 1956)

Après un début un peu terne, "Bob le flambeur" monte crescendo en puissance et devient passionnant dès lors que tous les personnages sont entrés en scène et que le coffre du casino de Deauville exerce son attraction. Les acteurs plus inspirés trouvent enfin le ton juste et bonifient les dialogues délicieusement désuets. Melville maîtrise son sujet et, malgré ses quelques défauts, ce polar dégage une grande sympathie.

mardi 18 mai 2010

TENSHI NO TAMAGO (Mamoru Oshii, 1985)

Sibylline et presque sans dialogues, "L'œuf de l'ange" est une œuvre de science-fiction qui peut dérouter. Oshii y explore déjà ses domaines de prédilection : le symbolisme, la métaphysique, la philosophie... Très personnel, à des années lumières des préoccupations des mortels, le film sera un échec commercial. Pourtant, si l'on s'en tient purement à l'aspect sensoriel, les qualités foisonnent. Intrigant comme le "2001" de Kubrick, "Tenshi no tamago" a quelque chose d'indiciblement séduisant.

jeudi 13 mai 2010

MILANO ODIA : LA POLIZIA NON PUÒ SPARARE (Umberto Lenzi, 1974)

Dès son titre, le film de Lenzi attaque : "Milano Odia : la polizia non può sparare", "Milan réprouve : la police ne peut pas tirer". Comment alors régler la criminalité dans les rues de la capitale lombarde ? C'est l'impavide commissaire Grandi – Henry Silva, 1 m 88 – qui s'y colle. Lui voudrait bien tuer en cas de nécessité mais son collègue réprouve pour raison morale. Confronté à un fou sanguinaire (excellent Tomas Millian), Grandi finira évidemment par passer outre. Refusant tout compromis, "Milano Odia" est un poliziesco pessimiste, incisif et nerveux.

samedi 8 mai 2010

LES DIMANCHES DE VILLE D'AVRAY (Serge Bourgignon, 1962)

"Cybèle ou les dimanches de Ville d'Avray" séduit par sa mise en scène pleine d'inventions et sa magnifique photographie noir et blanc. La jeune et émouvante Patricia Gozzi y donne avec talent la réplique à son partenaire, Hardy Krüger, qui interprète avec sensibilité un homme torturé. Le charme envoûtant qui émane de ce joli film poétique est rompu brutalement lors d'un dénouement trop hâtif et contestable.

mardi 4 mai 2010

MILANO CALIBRO 9 (Fernando Di Leo, 1972)

Premier volet de la "trilogie du milieu" de Di Leo, "Milano Calibro 9" est un polar italien nerveux porté par un script habile, des acteurs crédibles et des dialogues savoureux (irrésistible joute verbale entre le commissaire de police milanais et le sous-commissaire Mercuri). Dommage que les scènes d'action demeurent un ton en-dessous (grosse fusillade singulièrement bâclée presque sans effusion de sang). Mais on n'en demande pas tant pour cette parfaite série B qui mérite véritablement d'être exhumée.

lundi 12 avril 2010

BLUE WATER, WHITE DEATH (Peter Gimbel & James Lipscomb, 1971)

Alors qu’au début des années 70 les requins sont encore peu connus du grand public, sort en salle le documentaire "Blue Water, White Death", récit d'un voyage de 18 mois, initié par Peter Gimbel, sur les traces des requins, et notamment du Carcharodon carcharias, le grand requin blanc. En 1974, Benchley sortira son roman "Jaws" que Spielberg, un an plus tard, adaptera au cinéma.
Point de fiction ici. Pourtant, il faut voir à quel degré l'équipe de l'expédition, totalement enivrée, brave le danger (évolution hors cage au milieu des squales dévorant un cadavre de baleine, nage dans le puissant courant du canal du Mozambique, pallier de décompression approximatif, sang versé en abondance au milieu des grands blancs rendus fous...). Aux dires mêmes des protagonistes, sans êtres de la folie pure, ces plongées étaient tout de même assez dangereuses. Ainsi, avec ses images spectaculaires habilement montées, ce documentaire se regarde comme un film d’aventures très impressionnant.

THE GRAPES OF WRATH (John Ford, 1940)

Lors de la Grande dépression américaine marquée par les séquelles de la crise économique et le Dust Bowl dans le sud du pays, chassée de ses terres, l'honnête famille Joad est forcée de prendre la route à la recherche d'une Terre Promise. Adaptation vigoureuse du roman de Steinbeck, empreinte d'un humanisme profond, remarquablement mise en scène et photographiée, "Les raisins de la colère" est une œuvre belle et émouvante.

vendredi 9 avril 2010

KIBA OKAMINOSUKE (1966, Hideo Gosha)

Avant de devenir un maître du chambara digne de Kurosawa, Kobayashi et Okamoto, Hideo Gosha se fait la main avec cette petite série B, "Le loup enragé". Au centre de l'intrigue, Kiba Okaminosuke, un ronin errant, ressemble au Yojimbo de Kurosawa mais ses mimiques et simagrées le caricaturent davantage en un personnage de manga. Gosha ne s'attarde sur aucun thème sentimental (vengeance, cupidité ou encore amour...) et mise plutôt sur l'action et le style où il affiche déjà une grande maîtrise. De là des scènes de sabre magnifiquement filmées avec ses giclées de sang "noir" (violent pour l'époque), ses silences et ses ralentis. Divertissement hautement recommandable.

DELIVERANCE (John Boorman, 1972)

Magnifiquement photographié dans le cadre enchanteur de la rivière Chattooga, "Délivrance" aborde pour une des premières fois le thème de l'homme moderne face à Mère nature. À travers sa trame de film d'aventure, de multiples questions se posent aussi bien d'ordre social, philosophique, que métaphysique. Mais la micro-société que forment les quatre hommes n'y apporte jamais de réponse unanime si bien que le discours global demeure pessimiste sinon empreint de scepticisme. Ainsi, à la fin de l'épopée, le propos du personnage sûr de lui qui affirme la nécessité de "savoir se perdre pour se retrouver" paraît contredit.

mercredi 7 avril 2010

SEI DONNE PER L'ASSASSINO (Mario Bava, 1964)

Considéré comme le film qui a codifié définitivement les règles du giallo italien, "Six femmes pour l'assassin" a été la source d'inspiration inavouée des premiers films d'Argento (la solution ressemble à celle de "L'uccello dalle piume di cristallo"). Parmi les composantes du genre, on trouve : un assassin sans visage, vêtu de noir et ganté ; le décompte des cadavres (nombreux) ; le sadisme des homicides (sadiques !) ; leurs différents modes opératoires (sadiques !!!).
Le travail de la photographie avec ses filtres de couleurs et ses jeux d'ombres force le respect. La mise en scène rythmée sert une intrigue bien développée. Bava signe ainsi une œuvre magistrale, pierre solide à l'édifice giallo.


vendredi 2 avril 2010

JAWS (Steven Spielberg, 1975)

Oubliés son directeur mercantile, son étiquette de premier blockbuster : aujourd'hui "Les dents de la mer" doit être jugé comme un film de série B. Alors certes son requin pataud a passablement vieilli. Reste qu'avec une mise en scène diablement efficace et des acteurs au diapason (Roy Sheider en chef de file), il domine de la tête et des nageoires ses concurrents qui, depuis 35 ans, même avec l'avènement des effets numériques, continuent à se casser les dents.

jeudi 1 avril 2010

COSA AVETE FATTO A SOLANGE ? (Massimo Dallamano, 1972)

Ce giallo germano-italien se présente essentiellement comme une enquête policière sous forme de devinette : "Mais qu'avez vous fait à Solange ?". Pourtant, nulle allusion à Solange dans la première heure du métrage. Auparavant, une mise en scène habile aura brouillé les pistes qui mènent à l'identité et aux motivations d'un meurtrier au modus operandi particulièrement obscène. Soutenu également par des acteurs inspirés et par la jolie photographie d'Aristide Massaccesi alias Joe d’Amato, Dallamano signe ici un giallo de très bonne facture.

mardi 30 mars 2010

IBUN SARUTOBI SASUKE (Masahiro Shinoda, 1965)

Japon, 1600 : les deux plus grands seigneurs de la guerre, Hideyoshi et Tokugawa, sont sur le point de se livrer une ultime bataille pour le contrôle du pays. Seul le seigneur Sanada n'a pas encore choisi son camp : il a chargé Sarutobi, ninja surnommé "le singe volant", et neuf autres espions de son clan, d'observer la situation avant de se décider. Sarutobi va être mêlé, malgré lui, à l'impitoyable guerre des espions que se livrent les deux rivaux historiques.
"L'étrange histoire de Sarutobi Sasuke" se distingue par une intrigue complexe, un héros singulier, un noir et blanc profond et contrasté avec des décors naturels somptueux (collines, pont suspendu….) et une scénographie des combats assez théâtralisée, qui confèrent à l’ensemble une esthétique magnifique, loin des images ultra réalistes de certains réalisateurs contemporains de Shinoda.
© http://www.wildside.fr