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mardi 22 juin 2010

THE ANDROMEDA STRAIN (Robert Wise, 1971)

Sans soutenir la comparaison avec "2001", "The Andromeda Strain" est néanmoins un film de science-fiction réussi grâce notamment à un bon scénario qui s'appuie sur une nouvelle solide de Crichton. Pourtant ça démarre poussivement avec quelques scènes de remplissage. On entre véritablement dans le vif du sujet que lorsque les quatre scientifiques commencent leurs travaux sur cet étrange mystère Andromède. Tout est alors décrit précisément sans galimatias. Le danger que représente le microorganisme extraterrestre devient palpable. Dommage que la fin, résolument optimiste, offre une morale assez faible. Mieux réussi, "The Thing" de Carpenter préférait à bon escient laissait le spectateur à son imagination.

mercredi 9 juin 2010

THX 1138 (George Lucas, 1971)

Un nanar prétentieux donc antipathique. Dans leurs costumes de robots masqués, on voit les comédiens mieux que s'ils se promenaient à visage découvert. On a l'impression d'assister à une partie d'une heure et demie de chiffres et des lettres (on doit faire des mots de 3 lettres ; je n'ai pas réussi à comprendre ce qu'il fallait faire des chiffres). Duvall et Pleasance, perdus dans cette marée blanche, tentent en vain un « Chauve qui peut ! ». Il faudrait créer une sous-série à la série Z : la série THX. Le film de George Lucas en serait la pierre fondatrice.

mercredi 26 mai 2010

LE BOUCHER (Claude Chabrol, 1970)

Plutôt bien ficelé, "Le boucher" réussit surtout une jolie peinture d'un petit village de campagne. Servis par de bon dialogues, Jean Yanne (très bon) et Stéphane Audran parviennent à émouvoir. Mais leurs personnages manquent de profondeur. Pourquoi le boucher se mue-t-il en meurtrier ? La vision des horreurs de la guerre, soulignée avec des gros sabots, n'explique pas tout. Pourquoi l'institutrice s'entête-t-elle à rester chaste ? L'argument de la déception amoureuse ne convainc pas. Faute d'une psychologie fouillée, le propos du film sonne creux. C'est dommage.

lundi 24 mai 2010

LO STRANO VIZIO DELLA SIGNORA WARDH (Sergio Martino, 1971)

Pas terrible ce "L'étrange vice de Madame Wardh" pourtant souvent cité par les fanas du genre : interprétation très médiocre, mise en scène brouillonne et dénouement qui paraît improvisé. Il faut dire que le vice de Martino, lui, n'a rien d'étrange : il préfère les fesses et les seins aux assassins. Alors est-il nécessaire de se taper un giallo rasoir pour mater des femmes à poil ? Au spectateur de trancher...

LA CODA DELLO SCORPIONE (Sergio Martino, 1971)

"La queue du scorpion" présente une enquête assez convenue sur fond d'arnaque à l'assurance, résolue de façon peu crédible (rétrospectivement ce qu'on nous a montré n'est pas logique). Malgré tout, bien joué et mis en scène avec rythme, le giallo pouvait encore prétendre à une place au panthéon du genre. Malheureusement, le final bâclé sur l'île grecque vient ruiner les espoirs (solution révélée de but en blanc, apparition "magique" de la police sur l'escarpement rocheux...). Avec "Lo strano vizio della Signora Wardh", Martino a fait deux films médiocres dans la même année. N'aurait-il pas pu se raisonner à n'en faire qu'un seul mais bon ?

jeudi 13 mai 2010

MILANO ODIA : LA POLIZIA NON PUÒ SPARARE (Umberto Lenzi, 1974)

Dès son titre, le film de Lenzi attaque : "Milano Odia : la polizia non può sparare", "Milan réprouve : la police ne peut pas tirer". Comment alors régler la criminalité dans les rues de la capitale lombarde ? C'est l'impavide commissaire Grandi – Henry Silva, 1 m 88 – qui s'y colle. Lui voudrait bien tuer en cas de nécessité mais son collègue réprouve pour raison morale. Confronté à un fou sanguinaire (excellent Tomas Millian), Grandi finira évidemment par passer outre. Refusant tout compromis, "Milano Odia" est un poliziesco pessimiste, incisif et nerveux.

samedi 8 mai 2010

4 MOSCHE DI VELLUTO GRIGIO (Dario Argento, 1971)

"Quatre mouches de velours gris" clôt la trilogie dite "animale" d'Argento. Expérimental jusque dans son casting (Jean-Pierre Marielle en détective homo, Bud Spencer en psychologue), ce giallo oublie trop souvent d'avancer. Régulièrement alors, des gags pénibles tentent de nous divertir. En vain. Sans doute est-on conscient de la fadeur de l'intrigue. Par morceaux on sent bien la patte du réalisateur de "Suspiria" mais le tout ne fait pas mouche...

jeudi 6 mai 2010

Il BOSS (Fernando Di Leo, 1973)

"Il Boss" conclut la trilogie du milieu en portant exclusivement son attention sur la mafia sicilienne. Mario Adorf absent, c'est Henry Silva qui rempile, dans un rôle plus important et moins sclérosé que celui qu'il avait dans "La mala ordina". Conséquence : la froideur prend le pas sur l'humour, qu'on trouvera néanmoins chez le cynique préfet de police. Violent, réaliste dans les actes mais pas dans leur déroulement trop accéléré, "Il Boss" présente une mafia où l'on trahit sans scrupule au contraire du "Parrain" de Coppola sorti un an plus tôt qui montrait une famille Corleone unie, intransigeante en matière d'honneur. Terni par un scénario trop linéaire (c'est simple : on va de représailles en représailles) mais généreux en scènes coups-de-poing, ce troisième volet constitue un honnête spectacle.

LA MALA ORDINA (Fernando Di Leo, 1972)

Ce deuxième volet de la trilogie du milieu de Di Leo qui n'est pas proprement dit une suite au "Milano Calibro 9" est – disons-le d'emblée – relativement décevant. Cependant la présence de l'excellent Mario Adorf évite à "La mala ordina" de sombrer corps et âme grâce à son interprétation caméléon du proxénète Luca Canali, tour à tour sentimental papa-poule, faux naïf, belliqueux rebelle et vengeur impitoyable. Au contraire du premier volet de la série, les scènes d'action sont ici réussies (des bastons musclées et surtout une monstrueuse course-poursuite lorsque Canali disjoncte) mais avec un démarrage très poussif et un script ultra-plat, dans l'ensemble, ce polar à l'italienne frustre un peu.

mardi 4 mai 2010

MILANO CALIBRO 9 (Fernando Di Leo, 1972)

Premier volet de la "trilogie du milieu" de Di Leo, "Milano Calibro 9" est un polar italien nerveux porté par un script habile, des acteurs crédibles et des dialogues savoureux (irrésistible joute verbale entre le commissaire de police milanais et le sous-commissaire Mercuri). Dommage que les scènes d'action demeurent un ton en-dessous (grosse fusillade singulièrement bâclée presque sans effusion de sang). Mais on n'en demande pas tant pour cette parfaite série B qui mérite véritablement d'être exhumée.

lundi 3 mai 2010

LA DAMA ROSSA UCCIDE SETTE VOLTE (Emilio Miraglia, 1972)

Après une introduction parfaite qui nous explique la légende de la dama rossa et de la dama nera, il est dommage que le film accumule les travers : pléthore de personnages devenant ingérables, enquête policière très faible (l'inspecteur attend les trois derniers meurtres comme si c'était une fatalité), acteurs atteignant la limite de leur jeu de moins en moins convaincant... S'en suit forcément une baisse d'intérêt voire de l'ennui. Mention spéciale à la très belle musique de Bruno Nicolaï qui redonne des couleurs à ce ce giallo surestimé.

jeudi 29 avril 2010

LA CORTA NOTTE DELLE BAMBOLE DI VETRO (Aldo Lado, 1971)

Catalogué au genre giallo, "Je suis vivant !" n'en suit pourtant pas les codes : pas de meurtres spectaculaires, peu de cadavres et nulle traque d'un tueur en série. Commencé sur une trame originale (voir le titre français un peu trop explicite), le récit, bien structuré mais mollasson, ne parvient jamais à créer de vraie tension. Et le dénouement, amenée de façon fort malhabile, ne surprend malheureusement pas. Prague, décor à fort potentiel, n'est que médiocrement exploitée et Morricone fournit une partition ordinaire. "La corta notte delle bambole di vetro" n'a donc vraiment d'intérêt que pour les tifosi du giallo.

mardi 27 avril 2010

GET CARTER (Mike Hodges, 1971)

"Get Carter", film de gangsters noir et violent, doit beaucoup au charismatique Michael Caine qui incarne ici un tueur froid, déterminé à venger son frère assassiné. Sous ses multiples angles, Newcastle offre un décor idéal à la mise en scène. Et malgré quelques faiblesses de rythme, ce polar urbain, d'un réalisme sans failles et bien ancrée dans son époque, conserve une belle patine.

lundi 12 avril 2010

BLUE WATER, WHITE DEATH (Peter Gimbel & James Lipscomb, 1971)

Alors qu’au début des années 70 les requins sont encore peu connus du grand public, sort en salle le documentaire "Blue Water, White Death", récit d'un voyage de 18 mois, initié par Peter Gimbel, sur les traces des requins, et notamment du Carcharodon carcharias, le grand requin blanc. En 1974, Benchley sortira son roman "Jaws" que Spielberg, un an plus tard, adaptera au cinéma.
Point de fiction ici. Pourtant, il faut voir à quel degré l'équipe de l'expédition, totalement enivrée, brave le danger (évolution hors cage au milieu des squales dévorant un cadavre de baleine, nage dans le puissant courant du canal du Mozambique, pallier de décompression approximatif, sang versé en abondance au milieu des grands blancs rendus fous...). Aux dires mêmes des protagonistes, sans êtres de la folie pure, ces plongées étaient tout de même assez dangereuses. Ainsi, avec ses images spectaculaires habilement montées, ce documentaire se regarde comme un film d’aventures très impressionnant.

vendredi 9 avril 2010

DELIVERANCE (John Boorman, 1972)

Magnifiquement photographié dans le cadre enchanteur de la rivière Chattooga, "Délivrance" aborde pour une des premières fois le thème de l'homme moderne face à Mère nature. À travers sa trame de film d'aventure, de multiples questions se posent aussi bien d'ordre social, philosophique, que métaphysique. Mais la micro-société que forment les quatre hommes n'y apporte jamais de réponse unanime si bien que le discours global demeure pessimiste sinon empreint de scepticisme. Ainsi, à la fin de l'épopée, le propos du personnage sûr de lui qui affirme la nécessité de "savoir se perdre pour se retrouver" paraît contredit.

mardi 6 avril 2010

PHASE IV (Saul Bass, 1974)

Ce petit film de science-fiction est le seul long-métrage réalisé par Saul Bass, graphiste américain surtout célèbre pour ses génériques de films (pour Kubrick, Preminger, Hitchcock ou encore Scorsese). La mise en scène parvient à nous faire croire à l'intelligence formique et, en comparaison – on ne sait si cela est fait exprès – les humains, incarnés par trois piètres acteurs, passent pour une race plutôt bête. Aussi oubliera-t-on les dialogues, trop explicatifs et souvent inutiles, pour s'attarder sur l'aspect visuel qui lui est fourmidable.

samedi 3 avril 2010

THE OMEGA MAN (Boris Sagal, 1971)

Vaguement basé sur le "I Am Legend" de Richard Matheson, ce survival ne présente absolument aucun intérêt.

vendredi 2 avril 2010

JAWS (Steven Spielberg, 1975)

Oubliés son directeur mercantile, son étiquette de premier blockbuster : aujourd'hui "Les dents de la mer" doit être jugé comme un film de série B. Alors certes son requin pataud a passablement vieilli. Reste qu'avec une mise en scène diablement efficace et des acteurs au diapason (Roy Sheider en chef de file), il domine de la tête et des nageoires ses concurrents qui, depuis 35 ans, même avec l'avènement des effets numériques, continuent à se casser les dents.

jeudi 1 avril 2010

COSA AVETE FATTO A SOLANGE ? (Massimo Dallamano, 1972)

Ce giallo germano-italien se présente essentiellement comme une enquête policière sous forme de devinette : "Mais qu'avez vous fait à Solange ?". Pourtant, nulle allusion à Solange dans la première heure du métrage. Auparavant, une mise en scène habile aura brouillé les pistes qui mènent à l'identité et aux motivations d'un meurtrier au modus operandi particulièrement obscène. Soutenu également par des acteurs inspirés et par la jolie photographie d'Aristide Massaccesi alias Joe d’Amato, Dallamano signe ici un giallo de très bonne facture.

dimanche 28 mars 2010

I... COMME ICARE (Henri Verneuil, 1979)

Comment veut-on nous faire gober que la première enquête – aussi bâclée fut-elle – ait pu passer sous silence des indices que la seconde – un an après – récolte à la pelle ? Truffé d'invraisemblances, ce thriller boiteux ne tient debout que par endroits, heureusement beaucoup mieux soignés (l'expérience de Milgram, l'examen balistique, le crochetage de la serrure et cætera) et n'échappe qu'in extremis au sort d'Icare.