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jeudi 3 juin 2010

QUE LA BÊTE MEURE (Claude Chabrol, 1969)

Un poil meilleur que "Le boucher", "Que la bête meure" ne casse pas non plus trois pattes à un canard. Le script n'est pas sans maladresses. Duchaussoy trop froid déçoit. Seul Jean Yanne dégage quelque chose. On peut le voir comme le meilleur Chabrol. Ou comme le moins mauvais...

samedi 8 mai 2010

LES DIMANCHES DE VILLE D'AVRAY (Serge Bourgignon, 1962)

"Cybèle ou les dimanches de Ville d'Avray" séduit par sa mise en scène pleine d'inventions et sa magnifique photographie noir et blanc. La jeune et émouvante Patricia Gozzi y donne avec talent la réplique à son partenaire, Hardy Krüger, qui interprète avec sensibilité un homme torturé. Le charme envoûtant qui émane de ce joli film poétique est rompu brutalement lors d'un dénouement trop hâtif et contestable.

vendredi 7 mai 2010

THE DAY THE EARTH CAUGHT FIRE (Val Guest, 1961)

Le même jour, Russes et Américains font exploser deux bombes nucléaires qui modifient l'axe de rotation de la Terre entraînant des bouleversements climatiques catastrophiques. Impossible de gober une telle ineptie aujourd'hui. On sait en effet que seuls des séismes de très forte magnitude peuvent modifier l'axe terrestre et seulement de quelques centimètres. Avec une telle invraisemblance scientifique, tout devient passablement discrédité. De plus le film esquive les difficultés en se plaçant du point de vue des bureaux d'un quotidien londonien (y sont justifiés d'une pierre deux coups le manque d'émotion et la profusion d'informations). L'agitation journalistique tente alors d'apporter un peu de crédit à l'histoire mais cela ne suffit pas à combler la vacuité de cette pâlotte série B.

jeudi 29 avril 2010

SPARTACUS (Stanley Kubrick, 1960)

C'est un pari difficile de réussir un film de 3 h. Malheureusement, ce péplum est de ceux qui n'y parviennent pas. Bâti cahin-caha, dirigé sans latitude par Kubrick, "Spartacus" est inégal. Bon jusqu'à la révolte des gladiateurs du camp d'entraînement, il s'enlise ensuite régulièrement dans un bourbier de scènes molles (romance sirupeuse de Spartacus et Varinia, description ennuyeuse des camps du peuple esclave). Parmi les acteurs, seul l'excellent Peter Ustinov arrive à rendre son personnage attachant ; les autres ont un jeu unidirectionnel et caricatural. Ce drame épique, renié par Kubrick, ne mérite qu'une mention honorable.

vendredi 9 avril 2010

KIBA OKAMINOSUKE (1966, Hideo Gosha)

Avant de devenir un maître du chambara digne de Kurosawa, Kobayashi et Okamoto, Hideo Gosha se fait la main avec cette petite série B, "Le loup enragé". Au centre de l'intrigue, Kiba Okaminosuke, un ronin errant, ressemble au Yojimbo de Kurosawa mais ses mimiques et simagrées le caricaturent davantage en un personnage de manga. Gosha ne s'attarde sur aucun thème sentimental (vengeance, cupidité ou encore amour...) et mise plutôt sur l'action et le style où il affiche déjà une grande maîtrise. De là des scènes de sabre magnifiquement filmées avec ses giclées de sang "noir" (violent pour l'époque), ses silences et ses ralentis. Divertissement hautement recommandable.

mercredi 7 avril 2010

SEI DONNE PER L'ASSASSINO (Mario Bava, 1964)

Considéré comme le film qui a codifié définitivement les règles du giallo italien, "Six femmes pour l'assassin" a été la source d'inspiration inavouée des premiers films d'Argento (la solution ressemble à celle de "L'uccello dalle piume di cristallo"). Parmi les composantes du genre, on trouve : un assassin sans visage, vêtu de noir et ganté ; le décompte des cadavres (nombreux) ; le sadisme des homicides (sadiques !) ; leurs différents modes opératoires (sadiques !!!).
Le travail de la photographie avec ses filtres de couleurs et ses jeux d'ombres force le respect. La mise en scène rythmée sert une intrigue bien développée. Bava signe ainsi une œuvre magistrale, pierre solide à l'édifice giallo.


samedi 3 avril 2010

SUNA NO ONNA (Hiroshi Teshigahara, 1964)

"La femme des sables" est la deuxième collaboration entre le réalisateur et l’écrivain Kôbô Abe. Rompant avec l’héritage des aînés (Ozu, Kinoshita), le film s'inscrit dans un courant d'avant-garde initié au début des années soixante.
Visuellement d'abord, il s'inspire de deux artistes, deux mouvements : Fumio Kamei (grand réalisateur de documentaires japonais) pour la minutie quasi-documentaire ; son père, Sofu Teshigahara, grand maître de l’ikebana (l’art de l’arrangement floral), pour le sens de l'esthétique. Parallèlement, la musique expérimentale de Toru Takemitsu qui entremêle cordes plaintives et autres sonorités dissonantes brouille les frontières entre rêve et réalité.
"Suna No Onna" est une œuvre mystérieuse et sensorielle absolument fascinante.

mardi 30 mars 2010

IBUN SARUTOBI SASUKE (Masahiro Shinoda, 1965)

Japon, 1600 : les deux plus grands seigneurs de la guerre, Hideyoshi et Tokugawa, sont sur le point de se livrer une ultime bataille pour le contrôle du pays. Seul le seigneur Sanada n'a pas encore choisi son camp : il a chargé Sarutobi, ninja surnommé "le singe volant", et neuf autres espions de son clan, d'observer la situation avant de se décider. Sarutobi va être mêlé, malgré lui, à l'impitoyable guerre des espions que se livrent les deux rivaux historiques.
"L'étrange histoire de Sarutobi Sasuke" se distingue par une intrigue complexe, un héros singulier, un noir et blanc profond et contrasté avec des décors naturels somptueux (collines, pont suspendu….) et une scénographie des combats assez théâtralisée, qui confèrent à l’ensemble une esthétique magnifique, loin des images ultra réalistes de certains réalisateurs contemporains de Shinoda.
© http://www.wildside.fr

vendredi 26 mars 2010

BULLITT (Peter Yates, 1968)

McQ qui a la même expression faciale tout le long du film donne à son personnage de lieutenant de police des allures de zombie. Le scénario mollasson et confus offre un terrain propice à ses errances. Quant à la fameuse course-poursuite, on a plutôt l'impression que la production a fait un gros cadeau à son acteur vedette qui rafle au passage la bagatelle d'un million de $. La musique cool de Schifrin finit d'emballer un produit calibré.

mercredi 24 mars 2010

THE NIGHT OF THE IGUANA (John Huston, 1964)

Un ex-pasteur (Burton) suspendu pour mauvaise conduite et reconverti en guide de voyage organisé conduit des touristes américaines à travers le Mexique. Tourmenté par les avances d'une lolita, il contraint le groupe à passer la nuit dans un hôtel dont la propriétaire est une vieille amie et trouve le réconfort auprès d'une cliente de passage à la vertu curative.
Magnifiquement filmé, "La Nuit de l'Iguane" manque incontestablement de puissance : "Lolita" déjà vue chez Kubrick en 1962 ; blasphème plus fin chez Buñuel dans "Viridiana" en 1960 ; thérapie finale qui traîne en longueur. Burton qui surjoue n'arrange rien.

mardi 23 mars 2010

X (Roger Corman, 1963)

Le Dr. Xavier décide de s'inoculer un liquide de son invention dans le but d'étendre la vision au-delà du spectre visible. Les premiers résultats prometteurs l'entraînent à augmenter les dosages...
Tourné en 3 semaines pour 300 000 $, "L'Horrible Cas du Dr X" est un bon film de série B qui comporte des scènes chocs notamment celle de fin, par malheur techniquement nulle (et tronquée paraît-il d'une réplique controversée...).

vendredi 19 mars 2010

DESERTO ROSSO (Michelangelo Antonioni, 1964)

Distorsion des bruits d'usines ; contraste entre couleurs criardes et grises des paysages environnants : tout concourt à exacerber la névrose du personnage central de l'histoire incarné par la belle Monica Vitti dont c'est le dernier film avec Antonioni. Il faut être prêt à affronter une constante austérité et la sécheresse de nombreuses scènes où les acteurs semblent n'être plus que des spectres. Au milieu du désert, l'histoire racontée à l'enfant est un oasis salutaire. Un film intrigant.

samedi 13 mars 2010

SPIDER BABY (Jack Hill, 1968)

Tourné en noir et blanc, en une semaine à peine entre septembre et octobre 1964, le film a coûté $65,000, ce qui a provoqué la banqueroute du producteur et retardé du même coup sa sortie. Originellement "Cannibal Orgy, and The Maddest Story Ever Told", son titre changera plusieurs fois en même temps que son propriétaire : "Spider Baby", "The Liver Eaters", "Attack of the Liver Eaters"...
Avec ce grain de folie qui oscille entre comédie et horreur, "Spider Baby", précurseur d'un paquet de films, a tout du petit classique inclassable.
http://www.spiderbabyonline.com/