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jeudi 17 juin 2010

MADEO (Joon-ho Bong, 2009)

Malgré des qualités esthétiques indéniables et quelques plans tournés de manière originale qui sont désormais la marque de fabrique de Bong, "Mother" déçoit énormément sur le fond. Il ne développe aucune idée et n'émeut que rarement. Les yeux mi-clos, le film se regarde sans grand intérêt voire avec un certain ennui.

vendredi 11 juin 2010

THE BREAKFAST CLUB (John Hughes, 1985)

Avec son parfum d'années 80, "The Breakfast Club" est un petit film sympathique, assez bien dialogué, pas trop mal joué. Pour une fois, un teen movie va au-delà des clichés et se montre un peu mature sur la question de l'accès à l'âge adulte. Ainsi, dans son genre, on peut dire que le film de Hugues fait figure de chef d'œuvre.

samedi 5 juin 2010

THE FLY (Kurt Neumann, 1958)

Première adaptation de la nouvelle de Langelaan. Dommage que le film ne suive pas entièrement la nouvelle dans laquelle : 1. André Delambre tient à la fois de la mouche entrée dans la machine et de son chat, victime d'une précédente expérience ratée ; 2. Hélène Delambre, détruite psychologiquement, se suicide. Néanmoins, c'est une des meilleures séries B de science-fiction des années 50 marquée par la présence du subtil Vincent Price.

jeudi 3 juin 2010

QUE LA BÊTE MEURE (Claude Chabrol, 1969)

Un poil meilleur que "Le boucher", "Que la bête meure" ne casse pas non plus trois pattes à un canard. Le script n'est pas sans maladresses. Duchaussoy trop froid déçoit. Seul Jean Yanne dégage quelque chose. On peut le voir comme le meilleur Chabrol. Ou comme le moins mauvais...

GRIZZLY MAN (Werner Herzog, 2005)

Le film d'Herzog tente de cerner la personnalité de Timothy Treadwell au travers d'interviews de ses proches, et de scènes extraites des 100 heures de prises de vues tournées avant sa mort. L'américain ami des ours apparaît comme un écolo affecté, mégalomane (tout le temps dans le cadre), névrosé (il parle aux bestiaux avec une voix de châtré) et suicidaire. Fine psychanalyse, "Grizzly Man" se complait un peu trop dans le morbide. Hein Werner ? On a compris que Treadwell, tout guerrier qu'il était, s'était fait salement ratatiner.

mercredi 2 juin 2010

FISH TANK (Andrea Arnold, 2009)

Bonne surprise que ce petit film où l'on découvre avec plaisir la jeune et fraîche Katie Jarvis, excellente dans son rôle d'adolescente paumée qui fait les 400 coups. À noter que le tournage s'est déroulé dans l'ordre chronologique du film, les acteurs n'ayant eu connaissance du script que morceau par morceau.

lundi 31 mai 2010

CAST AWAY (Robert Zemeckis, 2000)

Nul jusqu'au crash, le film ne devient intéressant que lorsque Hanks échoue sur l'île. Investi, l'acteur d'ordinaire pâlichon incarne alors un Robinson crédible. De retour sur le continent, on retrouve un scénario insipide avec des réactions de personnages mal écrites. De surcroît pollué en permanence par de pénibles références publicitaires, "Seul au monde" laisse un goût plus amer que salé.

dimanche 30 mai 2010

COMMENT JE ME SUIS DISPUTÉ... (MA VIE SEXUELLE) (Arnaud Desplechin, 1996)

C'est évidemment beaucoup trop long et trop bavard mais peut être faut-il en passer par là pour obtenir une psychologie un peu subtile. Y gagne-t-on à voir un film plutôt qu'à lire un livre ? Almaric et surtout Devos sont persuasifs. Dégraisser de ses dialogues faux, ampoulés et verbeux, "Comment je me suis disputé avec Éric Barbier" (le titre primitif) aurait pu être l'ultime film sur l'âge d'homme, celui qui aurait sorti définitivement de la fange le cinéma français. Raté de peu à cause de trop.

jeudi 27 mai 2010

THE SECRET OF KELLS (Tomm Moore, 2009)

Visuellement flamboyant, "Brendan et le secret de Kells" brode une histoire balisée autour du livre de Kells, manuscrit illustré de motifs ornementaux et réalisé par des moines de culture celtique vers l'an 820 considéré comme un chef-d'œuvre du christianisme irlandais et de l'art irlando-saxon. Un spectacle à la hauteur pour les enfants et pour les adultes qui auront su en garder l'âme.

mercredi 26 mai 2010

LE BOUCHER (Claude Chabrol, 1970)

Plutôt bien ficelé, "Le boucher" réussit surtout une jolie peinture d'un petit village de campagne. Servis par de bon dialogues, Jean Yanne (très bon) et Stéphane Audran parviennent à émouvoir. Mais leurs personnages manquent de profondeur. Pourquoi le boucher se mue-t-il en meurtrier ? La vision des horreurs de la guerre, soulignée avec des gros sabots, n'explique pas tout. Pourquoi l'institutrice s'entête-t-elle à rester chaste ? L'argument de la déception amoureuse ne convainc pas. Faute d'une psychologie fouillée, le propos du film sonne creux. C'est dommage.

lundi 24 mai 2010

LA CODA DELLO SCORPIONE (Sergio Martino, 1971)

"La queue du scorpion" présente une enquête assez convenue sur fond d'arnaque à l'assurance, résolue de façon peu crédible (rétrospectivement ce qu'on nous a montré n'est pas logique). Malgré tout, bien joué et mis en scène avec rythme, le giallo pouvait encore prétendre à une place au panthéon du genre. Malheureusement, le final bâclé sur l'île grecque vient ruiner les espoirs (solution révélée de but en blanc, apparition "magique" de la police sur l'escarpement rocheux...). Avec "Lo strano vizio della Signora Wardh", Martino a fait deux films médiocres dans la même année. N'aurait-il pas pu se raisonner à n'en faire qu'un seul mais bon ?

samedi 22 mai 2010

IL FERROVIERE (Pietro Germi, 1956)

Critiqué à tort pour son sentimentalisme, "Il ferroviere", œuvre intimiste néo-réaliste, montre simplement des émotions sincères. Pietro Germi y incarne un touchant cheminot et le petit Edoardo Nevola, un épatant Sandrino. Belle photographie (bien qu'en noir et blanc on prenne le vin trop clair pour de l'eau !). « Un film fatto per gente all'antica... col risvolto dei pantaloni » dit Germi. « Un film fait pour les anciens... avec le revers de pantalon. »

mercredi 19 mai 2010

ANGELS WITH DIRTY FACES (Michael Curtiz, 1938)

Film de gangster assez caricatural totalement ruiné par une fin ridicule. L'interprétation cabotine de James Cagney et la mise en scène de Curtiz parviennent néanmoins à susciter énormément d'enthousiasme.

mercredi 12 mai 2010

THE BAD AND THE BEAUTIFUL (Vincente Minnelli, 1951)

Classique de Minelli, "Les ensorcelés" se découpent en trois longues scènes rétrospectives qui expliquent comment un réalisateur, une actrice et un écrivain ont été séduits puis trahis brutalement par un producteur (excellent Kirk Douglas). On s'ennuie de ce scénario à répétition qui n'offre aucune surprise. Au palpitant, électrocardiogramme plat.

COUP DE TORCHON (Bertrand Tavernier, 1981)

"Coup de torchon" adapté librement du livre "Pop. 1280" de Jim Thompson marque un fort contraste entre un personnage complexe, le policier Lucien Cordier incarné par Philippe Noiret (magistral), et d'autres caricaturaux. Dissimulé sous des airs d'abruti, Lucien met en place une justice expéditive, en toute impunité. On ne sait pas trop bien s'il agit consciemment ou sous l'impulsion d'une force extérieure, le début et la fin du film se montrant particulièrement obscurs. Film noir et caustique, intrigant, bien joué mais brumeux.

jeudi 6 mai 2010

Il BOSS (Fernando Di Leo, 1973)

"Il Boss" conclut la trilogie du milieu en portant exclusivement son attention sur la mafia sicilienne. Mario Adorf absent, c'est Henry Silva qui rempile, dans un rôle plus important et moins sclérosé que celui qu'il avait dans "La mala ordina". Conséquence : la froideur prend le pas sur l'humour, qu'on trouvera néanmoins chez le cynique préfet de police. Violent, réaliste dans les actes mais pas dans leur déroulement trop accéléré, "Il Boss" présente une mafia où l'on trahit sans scrupule au contraire du "Parrain" de Coppola sorti un an plus tôt qui montrait une famille Corleone unie, intransigeante en matière d'honneur. Terni par un scénario trop linéaire (c'est simple : on va de représailles en représailles) mais généreux en scènes coups-de-poing, ce troisième volet constitue un honnête spectacle.

LA MALA ORDINA (Fernando Di Leo, 1972)

Ce deuxième volet de la trilogie du milieu de Di Leo qui n'est pas proprement dit une suite au "Milano Calibro 9" est – disons-le d'emblée – relativement décevant. Cependant la présence de l'excellent Mario Adorf évite à "La mala ordina" de sombrer corps et âme grâce à son interprétation caméléon du proxénète Luca Canali, tour à tour sentimental papa-poule, faux naïf, belliqueux rebelle et vengeur impitoyable. Au contraire du premier volet de la série, les scènes d'action sont ici réussies (des bastons musclées et surtout une monstrueuse course-poursuite lorsque Canali disjoncte) mais avec un démarrage très poussif et un script ultra-plat, dans l'ensemble, ce polar à l'italienne frustre un peu.

lundi 3 mai 2010

BAD DAY AT BLACK ROCK (John Sturges, 1955)

Un homme vient mettre du plomb dans la cervelle de péquenauds ayant jadis joué avec le feu. Les brebis égarés se rachètent. Le mouton noir est puni. "Black Rock" redore son blason. Message carré ; belle morale. Sur la forme, le film a ses qualités : bien joué par une pléiade d'acteurs plutôt aguerris ; admirablement photographié. Pour la musique, André Previn s'est égaré (le film n'est pas un western). Bref, sobre et sec, "Bad Day at Black Rock" est un assez bon film mais pas de quoi crier au génie.

LA DAMA ROSSA UCCIDE SETTE VOLTE (Emilio Miraglia, 1972)

Après une introduction parfaite qui nous explique la légende de la dama rossa et de la dama nera, il est dommage que le film accumule les travers : pléthore de personnages devenant ingérables, enquête policière très faible (l'inspecteur attend les trois derniers meurtres comme si c'était une fatalité), acteurs atteignant la limite de leur jeu de moins en moins convaincant... S'en suit forcément une baisse d'intérêt voire de l'ennui. Mention spéciale à la très belle musique de Bruno Nicolaï qui redonne des couleurs à ce ce giallo surestimé.

samedi 1 mai 2010

I SOLITI IGNOTI (Mario Monicelli, 1958)

Monicelli n'a pas caché qu'il a voulu réaliser une parodie du film noir français ou du film de gangster américain ("Rififi" de Jules Dassin sorti en 1955 ayant semble-t-il constitué le plus gros du modèle). En se dotant d'un scénario réaliste qui accorde, par exemple, un soin minutieux à décrire la préparation du casse, "I solti ignoti" s'éloigne de la pure comédie à l'italienne alors en vogue après-guerre. Malheureusement, le grotesque des personnages condamne le métrage à n'être qu'une grossière bouffonnerie. À voir dans une disposition en adéquation...