Retour au nanar. Les films se suivent mais ne se ressemblent pas. Fort d'une petite notoriété, celui-ci promettait. En fin de compte, ce n'est qu'un énième survival ennuyeux où il ne se passe rien. À fuir.
Avec son parfum d'années 80, "The Breakfast Club" est un petit film sympathique, assez bien dialogué, pas trop mal joué. Pour une fois, un teen movie va au-delà des clichés et se montre un peu mature sur la question de l'accès à l'âge adulte. Ainsi, dans son genre, on peut dire que le film de Hugues fait figure de chef d'œuvre.
Force est de constater que Gilliam n'a pas fait mieux depuis ce film qui faillit s'appeler "1984 ½" : "Brazil". Peut être le réalisateur, généreux à l'excès, a-t-il trop puisé dans les ressources de son univers ? Des innombrables références artistiques, littéraires en premier lieu (Kafka, Orwell...), cinématographiques et picturales, résulte une œuvre foisonnante et presque intarissable. Les détracteurs reprochent une certaine vétusté. « La technologie de Brazil ne fonctionne peut-être pas, mais elle correspond à l'époque et a une signification. » se défend Gilliam. Baroque, post-moderne, néo-expressionniste, "Brazil" décrit un univers sombre, oppressant sans oublier d'être souvent très drôle (immense Jonathan Pryce).
Sibylline et presque sans dialogues, "L'œuf de l'ange" est une œuvre de science-fiction qui peut dérouter. Oshii y explore déjà ses domaines de prédilection : le symbolisme, la métaphysique, la philosophie... Très personnel, à des années lumières des préoccupations des mortels, le film sera un échec commercial. Pourtant, si l'on s'en tient purement à l'aspect sensoriel, les qualités foisonnent. Intrigant comme le "2001" de Kubrick, "Tenshi no tamago" a quelque chose d'indiciblement séduisant.
"Coup de torchon" adapté librement du livre "Pop. 1280" de Jim Thompson marque un fort contraste entre un personnage complexe, le policier Lucien Cordier incarné par Philippe Noiret (magistral), et d'autres caricaturaux. Dissimulé sous des airs d'abruti, Lucien met en place une justice expéditive, en toute impunité. On ne sait pas trop bien s'il agit consciemment ou sous l'impulsion d'une force extérieure, le début et la fin du film se montrant particulièrement obscurs. Film noir et caustique, intrigant, bien joué mais brumeux.
Commencé tambour battant, "The Hidden" fait illusion un moment. Mais bientôt les changements de corps du parasite extra-terrestre se suivent et se ressemblent à l'ennui, le rythme fléchit. Pis ! Bien avant la fin, tout semble clair comme de l'eau de roche. Malheureusement rien ne vient nous surprendre, pas même le plus petit retournement. Oublié des années 80, "The Hidden" ne mérite pas la réhabilitation.
Trois heures de longueurs, de répétitions, de dialogues insipides. Seules les séquences d'actions aériennes, miraculeusement brillantes, maintiennent la tête du métrage hors de l'eau (mention spéciale à l'épisode du problème d'écoutille rencontré par Gus Grissom lors de la mission Mercury 4). "L'étoffe des héros" a raté son ambition de fresque épique et aujourd'hui, c'est un film un peu ronflant qui est très loin d'atteindre le firmament.
Le trio d'acteurs Jeffrey Combs, Barbara Crampton (tous deux déjà présents dans l'excellent "Re-Animator" du même Gordon), Ken Feree (du non moins classique "Dawn of the Dead" de Romero) fonctionne bien ; le bestiaire lovecraftien s'anime de façon convaincante grâce à des effets spéciaux réussis. Dans son genre le film divertit comme il faut. Mais le script médiocre et le manque d'entrain n'en font pas un classique vers lequel on reviendra.
Fulci a dit : « Mon idée était de faire un film définitif comportant toutes les horreurs du monde. C'est un film sans intrigue qui n'obéit à aucune logique, juste une succession d'images. »
"La nuit de San Lorenzo" bien qu'empreint des souvenirs douloureux des deux frères réalisateurs n'est guère émouvant. La faute surtout à une galerie de personnages insipides, peu attachants, incarnés par des acteurs mal inspirés, parfois grotesques (voir le combat grand-guignolesque dans les champs de blé). Belles campagnes toscanes au crédit de la photographie.