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samedi 5 juin 2010

THE FLY (Kurt Neumann, 1958)

Première adaptation de la nouvelle de Langelaan. Dommage que le film ne suive pas entièrement la nouvelle dans laquelle : 1. André Delambre tient à la fois de la mouche entrée dans la machine et de son chat, victime d'une précédente expérience ratée ; 2. Hélène Delambre, détruite psychologiquement, se suicide. Néanmoins, c'est une des meilleures séries B de science-fiction des années 50 marquée par la présence du subtil Vincent Price.

mercredi 26 mai 2010

BOB LE FLAMBEUR (Jean-Pierre Melville, 1956)

Après un début un peu terne, "Bob le flambeur" monte crescendo en puissance et devient passionnant dès lors que tous les personnages sont entrés en scène et que le coffre du casino de Deauville exerce son attraction. Les acteurs plus inspirés trouvent enfin le ton juste et bonifient les dialogues délicieusement désuets. Melville maîtrise son sujet et, malgré ses quelques défauts, ce polar dégage une grande sympathie.

samedi 22 mai 2010

IL FERROVIERE (Pietro Germi, 1956)

Critiqué à tort pour son sentimentalisme, "Il ferroviere", œuvre intimiste néo-réaliste, montre simplement des émotions sincères. Pietro Germi y incarne un touchant cheminot et le petit Edoardo Nevola, un épatant Sandrino. Belle photographie (bien qu'en noir et blanc on prenne le vin trop clair pour de l'eau !). « Un film fatto per gente all'antica... col risvolto dei pantaloni » dit Germi. « Un film fait pour les anciens... avec le revers de pantalon. »

mercredi 12 mai 2010

THE BAD AND THE BEAUTIFUL (Vincente Minnelli, 1951)

Classique de Minelli, "Les ensorcelés" se découpent en trois longues scènes rétrospectives qui expliquent comment un réalisateur, une actrice et un écrivain ont été séduits puis trahis brutalement par un producteur (excellent Kirk Douglas). On s'ennuie de ce scénario à répétition qui n'offre aucune surprise. Au palpitant, électrocardiogramme plat.

lundi 3 mai 2010

BAD DAY AT BLACK ROCK (John Sturges, 1955)

Un homme vient mettre du plomb dans la cervelle de péquenauds ayant jadis joué avec le feu. Les brebis égarés se rachètent. Le mouton noir est puni. "Black Rock" redore son blason. Message carré ; belle morale. Sur la forme, le film a ses qualités : bien joué par une pléiade d'acteurs plutôt aguerris ; admirablement photographié. Pour la musique, André Previn s'est égaré (le film n'est pas un western). Bref, sobre et sec, "Bad Day at Black Rock" est un assez bon film mais pas de quoi crier au génie.

samedi 1 mai 2010

I SOLITI IGNOTI (Mario Monicelli, 1958)

Monicelli n'a pas caché qu'il a voulu réaliser une parodie du film noir français ou du film de gangster américain ("Rififi" de Jules Dassin sorti en 1955 ayant semble-t-il constitué le plus gros du modèle). En se dotant d'un scénario réaliste qui accorde, par exemple, un soin minutieux à décrire la préparation du casse, "I solti ignoti" s'éloigne de la pure comédie à l'italienne alors en vogue après-guerre. Malheureusement, le grotesque des personnages condamne le métrage à n'être qu'une grossière bouffonnerie. À voir dans une disposition en adéquation...

mardi 13 avril 2010

FORBIDDEN PLANET (Fred M. Wilcox, 1956)

"Planète interdite" est l'un des premiers films de science-fiction ayant bénéficié de la couleur et du format cinémascope. Son scénario transpose "La Tempête" de Shakespeare dans le genre du space opera en intégrant une mythologie syncrétique et un élément psychanalytique – la part d'ombre – personnifiée par un monstre invisible issu de l'inconscient maléfique du professeur Morbius.
Inutile de dire que ce programme, entaché d'une profusion d'effets nanardesques, ne tient pas la route. Cependant, pour son environnement visuel (décors, effets spéciaux) et sonore (bruitages électroniques) techniquement bluffant encore cinquante ans après, "Forbidden Planet" mérite une visite.

vendredi 2 avril 2010

CRONACA DI UN AMORE (Michelangelo Antonioni, 1950)

Ce premier long métrage d'Antonioni est étonnamment bavard. Plus tard le réalisateur italien ne s'embarrassera pas d'autant de dialogues et transcendera l'incommunicabilité des personnages purement et simplement par leurs silences. On doit peut être à l'exquise Lucia Bosé, miss Italie 1947, de ne pas céder face à l'ennui qui domine cette austère chronique. À réserver aux inconditionnels du maestro.

jeudi 18 mars 2010

THE WRONG MAN (Alfred Hitchcock, 1956)

« J'ai réalisé pour vous bien des films de suspense. Mais je voudrais vous en montrer un tout différent. La différence réside dans le fait que c'est une histoire vraie jusque dans ses moindres détails. Pourtant, elle contient des éléments plus étranges que ceux des films que j'ai réalisés avant. ». C'est bien Hitchock qui parle au début du film (chose qu'il ne fera qu'ici), lui plutôt coutumier de ses apparitions fugitives. Voix persuasive, autorité acquise par une carrière de plus de trente ans déjà en 1956, on est forcé de le croire. La déception est d'autant plus frustrante au générique de fin qu'on a le sentiment d'avoir été floué. C'est bien sûr excellemment filmé ; Henry Fonda incarne à merveille ce faux coupable. Mais voilà, tout ça n'empêche pas une histoire convenue et finalement ennuyeuse. Un film mineur.

samedi 6 mars 2010

REAR WINDOW (Alfred Hitchcock, 1954)

Quel ennui dans la première moitié du métrage ! Bavardages longuets ; psychologie peu subtile. Le suspense ne devient efficace que lorsque Garce pénètre dans l'appartement de l'assassin présumé. Malheureusement la scène d'action finale, bâclée, ternit de nouveau le métrage.
Finalement dans "Fenêtre sur cour", le crime ne paye pas : il n'est que distraction. Bref, d'une indéniable maîtrise technique, ce film à la tonalité trop légère n'est en aucun cas le chef d'œuvre qu'on surestime.