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mardi 22 juin 2010

LIFEBOAT (Alfred Hitchcock, 1944)

"Lifeboat" est un film de commande, un film de propagande. La contribution d'Hitchcock à l'effort de guerre. L'objectif de Steinbeck qui s'était vu confier l'écriture du premier traitement, était de lancer un appel à l'unité nationale. Il s'agit de conduire les États-Unis incarnée dans sa diversité par neufs représentants clairement typés vers l'unité qui doit faire sa force.
Sur cette base, qui est celle d'un drame psychologique et nullement celle d'un film d'action, Hitchcock impose immédiatement sa marque, celle d'un réalisateur définitivement très porté sur la forme et le dispositif (forte psychologie suggérée par l'emploi répété de gros plans et le fait que la caméra ne quitte jamais le canot). L'ironie est très présente dans les dialogues. Les rapports de classes, sujet bien hithcockien, sont mis en avant avec mordant. Dans sa conception le film est singulier sur deux points. Dans sa pré-production le film a été presque entièrement planifié en storyboard, fait très rare à l'époque. Plus rare encore, profitant du décors unique, Hitchcock l'a tourné strictement séquentiellement.
Un temps envisagée, la traditionnelle apparition du réalisateur sous la forme de sa dépouille flottant entre deux eaux, ne fut finalement pas retenue (pour les implications physiques qui en découlait). Humour typiquement anglais qui flirtait dans le contexte avec le mauvais goût. Le réalisateur qui suivait alors un régime très strict apparaît deux fois en photo sur un journal pour la publicité d'un produit amaigrissant (avant/après). La réussite est d'ailleurs tellement saisissante (plus de 40 Kg perdus) que Hitchcock reçut de nombreuses demandes de fans qui cherchaient un régime miracle !

mercredi 2 juin 2010

KISS OF DEATH (Henry Hathaway, 1947)

Tout petit film noir sans cadavres. Victor Mature est fadasse ; Richard Widmark trop excentrique. La censure a tout édulcoré. Dans le genre, il est facile de trouver mieux.

samedi 29 mai 2010

THE RED SHOES (MICHAEL POWELL & EMERIC PRESSBURGER, 1948)

Ce conte cruel à la mise en scène inventive qui atteint au sublime lors de la longue séquence du ballet "Les chaussons rouges" souffre du jeu inégal des trois acteurs principaux (bien que leurs personnages soient plutôt bien écrits). Moira Shearer danse bien mais n'émeut pas beaucoup ; à la mort de la ballerine, on se demande qui, de Marius Goring en gare ou de Anton Walbrook sur scène, réalise la prestation la plus lamentable. Enfin comment ne pas regretter que le scénario n'ait pas suivi le dénouement du conte d'Andersen qui voit la jeune fille obtenir du bourreau qu'il lui coupe les pieds. Enfin, le spectacle est quand même diablement envoutant.

lundi 12 avril 2010

THE GRAPES OF WRATH (John Ford, 1940)

Lors de la Grande dépression américaine marquée par les séquelles de la crise économique et le Dust Bowl dans le sud du pays, chassée de ses terres, l'honnête famille Joad est forcée de prendre la route à la recherche d'une Terre Promise. Adaptation vigoureuse du roman de Steinbeck, empreinte d'un humanisme profond, remarquablement mise en scène et photographiée, "Les raisins de la colère" est une œuvre belle et émouvante.

samedi 20 mars 2010

NOTORIOUS (Alfred Hitchock, 1946)

La belle Alicia (Bergman), recrutée à Miami par un agent du gouvernement américain, Devlin (Grant), est envoyée au Brésil pour rentrer dans l'intimité d'un espion soupçonné d'implication dans un trafic.
Thriller complexe et romance raffinée, brillamment joué, "Les enchaînés" offre un suspense haletant qu'Hitchcock maintient avec brio de bout en bout jusqu'au final, surprenant.
À noter qu'après le tournage, Cary Grant garda la fameuse clé UNICA qu'il donna quelques années plus tard à Ingrid Bergman. Quelques années encore plus tard, l'actrice offrira le porte-bonheur à Hitchcock pour sa plus grande joie. La nôtre est de replonger dans un de ses films majeurs.