Par une interprétation naïve et prétentieuse de prophéties extraites d'une culture inconnue de la majorité d'entre nous, ce collage racoleur de séquences vidéos adresse à la masse un message aussi simpliste que sa musique. Dénouement infâme.
Documentaire psychanalytique sur Robert Crumb, dessinateur américain qui joua un rôle majeur dans la genèse du comics underground dans les années soixante, "Crumb" puise sa force dans la véracité que son réalisateur a obtenu au prix de six ans de tournage. Résultat : un diamant brut d'une heure et demie incroyablement drôle où l'auto-dérision dissimule à peine le mal-être de ces marginaux.
Ne nous attardons pas sur le long préambule voyeur censé donner de la substance à la fiction qu'on va voir. Imaginez alors le croisement des "Oiseaux" d'Hitchcock et du "Village des damnés" de Rilla, vous aurez grosso merdo une idée de ce à quoi ressemble "Qui peut tuer un enfant ?".
McQ qui a la même expression faciale tout le long du film donne à son personnage de lieutenant de police des allures de zombie. Le scénario mollasson et confus offre un terrain propice à ses errances. Quant à la fameuse course-poursuite, on a plutôt l'impression que la production a fait un gros cadeau à son acteur vedette qui rafle au passage la bagatelle d'un million de $. La musique cool de Schifrin finit d'emballer un produit calibré.
"La nuit de San Lorenzo" bien qu'empreint des souvenirs douloureux des deux frères réalisateurs n'est guère émouvant. La faute surtout à une galerie de personnages insipides, peu attachants, incarnés par des acteurs mal inspirés, parfois grotesques (voir le combat grand-guignolesque dans les champs de blé). Belles campagnes toscanes au crédit de la photographie.
Un ex-pasteur (Burton) suspendu pour mauvaise conduite et reconverti en guide de voyage organisé conduit des touristes américaines à travers le Mexique. Tourmenté par les avances d'une lolita, il contraint le groupe à passer la nuit dans un hôtel dont la propriétaire est une vieille amie et trouve le réconfort auprès d'une cliente de passage à la vertu curative.
1805, durant les guerres napoléoniennes, la HMS Surprise, vaisseau anglais commandé par le capitaine Jack Aubrey (Russel Crowe) se lance à la poursuite de l'Achéron, frégate sous pavillon français.
Le Dr. Xavier décide de s'inoculer un liquide de son invention dans le but d'étendre la vision au-delà du spectre visible. Les premiers résultats prometteurs l'entraînent à augmenter les dosages...
Conte de fées visuellement captivant et touchant bien que parfois un brin mièvre. Performance remarquable de Johnny Deep qui donne une âme pleine de grâce à Edward, personnage quasi-mutique (il ne prononce que 169 mots dans le film !). Excellente musique de Danny Elfman qui participe à la magie d'"Edward aux mains d'argent".
À Londres, un écrivain en panne d'inspiration, ancien croupier en Afrique du Sud, accepte à contrecœur de reprendre du service dans un casino. Grisé par des péripéties qui bouleversent sa vie jusqu'ici ordinaire, il retrouve sa verve.
La belle Alicia (Bergman), recrutée à Miami par un agent du gouvernement américain, Devlin (Grant), est envoyée au Brésil pour rentrer dans l'intimité d'un espion soupçonné d'implication dans un trafic.
Distorsion des bruits d'usines ; contraste entre couleurs criardes et grises des paysages environnants : tout concourt à exacerber la névrose du personnage central de l'histoire incarné par la belle Monica Vitti dont c'est le dernier film avec Antonioni. Il faut être prêt à affronter une constante austérité et la sécheresse de nombreuses scènes où les acteurs semblent n'être plus que des spectres. Au milieu du désert, l'histoire racontée à l'enfant est un oasis salutaire. Un film intrigant.
The Road choisit l'ellipse en nous projetant dans son univers apocalyptique sans nous expliquer comment c'est arrivé. L'intérêt n'est pas le changement d'état. C'est le nouvel état, déjà avancé, dans lequel on est projeté de plein-pied. La vie s'y meurt. Deux survivants, père et fils, suivent dans un vain but la route qui mène au sud.
« J'ai réalisé pour vous bien des films de suspense. Mais je voudrais vous en montrer un tout différent. La différence réside dans le fait que c'est une histoire vraie jusque dans ses moindres détails. Pourtant, elle contient des éléments plus étranges que ceux des films que j'ai réalisés avant. ». C'est bien Hitchock qui parle au début du film (chose qu'il ne fera qu'ici), lui plutôt coutumier de ses apparitions fugitives. Voix persuasive, autorité acquise par une carrière de plus de trente ans déjà en 1956, on est forcé de le croire. La déception est d'autant plus frustrante au générique de fin qu'on a le sentiment d'avoir été floué. C'est bien sûr excellemment filmé ; Henry Fonda incarne à merveille ce faux coupable. Mais voilà, tout ça n'empêche pas une histoire convenue et finalement ennuyeuse. Un film mineur.
Screwball comedy, "L'impossible M. Bébé" (titre en français ridicule) fit un four à sa sortie. Conséquences : Katharine Hepburn fut renvoyée au théâtre ; Howard Hawks fut viré de la production RKO qui suivit. Comment le film a-t-il pu depuis regagner les faveurs de la critique et du public ? Mystère... Grant avec un jeu étriqué, répétitif et crispant, et Hepburn qui n'avait jamais fait de comédie auparavant (ce qui se voit) ne sont pas drôles. Seul un fanatique de léopards saura subir ce défilé de gags catégorie Panzer.
Le chaos occasionné à la sortie du film garantissait d'expédier la musique de Paul Giovanni au placard. Fort heureusement, elle a été depuis réhabilitée.
Tourné en noir et blanc, en une semaine à peine entre septembre et octobre 1964, le film a coûté $65,000, ce qui a provoqué la banqueroute du producteur et retardé du même coup sa sortie. Originellement "Cannibal Orgy, and The Maddest Story Ever Told", son titre changera plusieurs fois en même temps que son propriétaire : "Spider Baby", "The Liver Eaters", "Attack of the Liver Eaters"...
