mercredi 12 mai 2010

COUP DE TORCHON (Bertrand Tavernier, 1981)

"Coup de torchon" adapté librement du livre "Pop. 1280" de Jim Thompson marque un fort contraste entre un personnage complexe, le policier Lucien Cordier incarné par Philippe Noiret (magistral), et d'autres caricaturaux. Dissimulé sous des airs d'abruti, Lucien met en place une justice expéditive, en toute impunité. On ne sait pas trop bien s'il agit consciemment ou sous l'impulsion d'une force extérieure, le début et la fin du film se montrant particulièrement obscurs. Film noir et caustique, intrigant, bien joué mais brumeux.

samedi 8 mai 2010

4 MOSCHE DI VELLUTO GRIGIO (Dario Argento, 1971)

"Quatre mouches de velours gris" clôt la trilogie dite "animale" d'Argento. Expérimental jusque dans son casting (Jean-Pierre Marielle en détective homo, Bud Spencer en psychologue), ce giallo oublie trop souvent d'avancer. Régulièrement alors, des gags pénibles tentent de nous divertir. En vain. Sans doute est-on conscient de la fadeur de l'intrigue. Par morceaux on sent bien la patte du réalisateur de "Suspiria" mais le tout ne fait pas mouche...

LES DIMANCHES DE VILLE D'AVRAY (Serge Bourgignon, 1962)

"Cybèle ou les dimanches de Ville d'Avray" séduit par sa mise en scène pleine d'inventions et sa magnifique photographie noir et blanc. La jeune et émouvante Patricia Gozzi y donne avec talent la réplique à son partenaire, Hardy Krüger, qui interprète avec sensibilité un homme torturé. Le charme envoûtant qui émane de ce joli film poétique est rompu brutalement lors d'un dénouement trop hâtif et contestable.

vendredi 7 mai 2010

THE DAY THE EARTH CAUGHT FIRE (Val Guest, 1961)

Le même jour, Russes et Américains font exploser deux bombes nucléaires qui modifient l'axe de rotation de la Terre entraînant des bouleversements climatiques catastrophiques. Impossible de gober une telle ineptie aujourd'hui. On sait en effet que seuls des séismes de très forte magnitude peuvent modifier l'axe terrestre et seulement de quelques centimètres. Avec une telle invraisemblance scientifique, tout devient passablement discrédité. De plus le film esquive les difficultés en se plaçant du point de vue des bureaux d'un quotidien londonien (y sont justifiés d'une pierre deux coups le manque d'émotion et la profusion d'informations). L'agitation journalistique tente alors d'apporter un peu de crédit à l'histoire mais cela ne suffit pas à combler la vacuité de cette pâlotte série B.

jeudi 6 mai 2010

Il BOSS (Fernando Di Leo, 1973)

"Il Boss" conclut la trilogie du milieu en portant exclusivement son attention sur la mafia sicilienne. Mario Adorf absent, c'est Henry Silva qui rempile, dans un rôle plus important et moins sclérosé que celui qu'il avait dans "La mala ordina". Conséquence : la froideur prend le pas sur l'humour, qu'on trouvera néanmoins chez le cynique préfet de police. Violent, réaliste dans les actes mais pas dans leur déroulement trop accéléré, "Il Boss" présente une mafia où l'on trahit sans scrupule au contraire du "Parrain" de Coppola sorti un an plus tôt qui montrait une famille Corleone unie, intransigeante en matière d'honneur. Terni par un scénario trop linéaire (c'est simple : on va de représailles en représailles) mais généreux en scènes coups-de-poing, ce troisième volet constitue un honnête spectacle.

LA MALA ORDINA (Fernando Di Leo, 1972)

Ce deuxième volet de la trilogie du milieu de Di Leo qui n'est pas proprement dit une suite au "Milano Calibro 9" est – disons-le d'emblée – relativement décevant. Cependant la présence de l'excellent Mario Adorf évite à "La mala ordina" de sombrer corps et âme grâce à son interprétation caméléon du proxénète Luca Canali, tour à tour sentimental papa-poule, faux naïf, belliqueux rebelle et vengeur impitoyable. Au contraire du premier volet de la série, les scènes d'action sont ici réussies (des bastons musclées et surtout une monstrueuse course-poursuite lorsque Canali disjoncte) mais avec un démarrage très poussif et un script ultra-plat, dans l'ensemble, ce polar à l'italienne frustre un peu.

mardi 4 mai 2010

MILANO CALIBRO 9 (Fernando Di Leo, 1972)

Premier volet de la "trilogie du milieu" de Di Leo, "Milano Calibro 9" est un polar italien nerveux porté par un script habile, des acteurs crédibles et des dialogues savoureux (irrésistible joute verbale entre le commissaire de police milanais et le sous-commissaire Mercuri). Dommage que les scènes d'action demeurent un ton en-dessous (grosse fusillade singulièrement bâclée presque sans effusion de sang). Mais on n'en demande pas tant pour cette parfaite série B qui mérite véritablement d'être exhumée.

lundi 3 mai 2010

BAD DAY AT BLACK ROCK (John Sturges, 1955)

Un homme vient mettre du plomb dans la cervelle de péquenauds ayant jadis joué avec le feu. Les brebis égarés se rachètent. Le mouton noir est puni. "Black Rock" redore son blason. Message carré ; belle morale. Sur la forme, le film a ses qualités : bien joué par une pléiade d'acteurs plutôt aguerris ; admirablement photographié. Pour la musique, André Previn s'est égaré (le film n'est pas un western). Bref, sobre et sec, "Bad Day at Black Rock" est un assez bon film mais pas de quoi crier au génie.

LA DAMA ROSSA UCCIDE SETTE VOLTE (Emilio Miraglia, 1972)

Après une introduction parfaite qui nous explique la légende de la dama rossa et de la dama nera, il est dommage que le film accumule les travers : pléthore de personnages devenant ingérables, enquête policière très faible (l'inspecteur attend les trois derniers meurtres comme si c'était une fatalité), acteurs atteignant la limite de leur jeu de moins en moins convaincant... S'en suit forcément une baisse d'intérêt voire de l'ennui. Mention spéciale à la très belle musique de Bruno Nicolaï qui redonne des couleurs à ce ce giallo surestimé.

dimanche 2 mai 2010

THE HIDDEN (Jack Sholder, 1987)

Commencé tambour battant, "The Hidden" fait illusion un moment. Mais bientôt les changements de corps du parasite extra-terrestre se suivent et se ressemblent à l'ennui, le rythme fléchit. Pis ! Bien avant la fin, tout semble clair comme de l'eau de roche. Malheureusement rien ne vient nous surprendre, pas même le plus petit retournement. Oublié des années 80, "The Hidden" ne mérite pas la réhabilitation.

samedi 1 mai 2010

I SOLITI IGNOTI (Mario Monicelli, 1958)

Monicelli n'a pas caché qu'il a voulu réaliser une parodie du film noir français ou du film de gangster américain ("Rififi" de Jules Dassin sorti en 1955 ayant semble-t-il constitué le plus gros du modèle). En se dotant d'un scénario réaliste qui accorde, par exemple, un soin minutieux à décrire la préparation du casse, "I solti ignoti" s'éloigne de la pure comédie à l'italienne alors en vogue après-guerre. Malheureusement, le grotesque des personnages condamne le métrage à n'être qu'une grossière bouffonnerie. À voir dans une disposition en adéquation...

THE GIRL NEXT DOOR (Gregory Wilson, 2007)

"The girl next door" est l'adaptation d'un roman de Jack Ketchum lui-même inspiré par un fait divers réel survenu dans l'Indiana en 1965. Film inutile qui se focalise sur la description des violences physique et psychologique subies par deux jeunes filles sans chercher à en expliquer les motifs.

jeudi 29 avril 2010

LA CORTA NOTTE DELLE BAMBOLE DI VETRO (Aldo Lado, 1971)

Catalogué au genre giallo, "Je suis vivant !" n'en suit pourtant pas les codes : pas de meurtres spectaculaires, peu de cadavres et nulle traque d'un tueur en série. Commencé sur une trame originale (voir le titre français un peu trop explicite), le récit, bien structuré mais mollasson, ne parvient jamais à créer de vraie tension. Et le dénouement, amenée de façon fort malhabile, ne surprend malheureusement pas. Prague, décor à fort potentiel, n'est que médiocrement exploitée et Morricone fournit une partition ordinaire. "La corta notte delle bambole di vetro" n'a donc vraiment d'intérêt que pour les tifosi du giallo.

SPARTACUS (Stanley Kubrick, 1960)

C'est un pari difficile de réussir un film de 3 h. Malheureusement, ce péplum est de ceux qui n'y parviennent pas. Bâti cahin-caha, dirigé sans latitude par Kubrick, "Spartacus" est inégal. Bon jusqu'à la révolte des gladiateurs du camp d'entraînement, il s'enlise ensuite régulièrement dans un bourbier de scènes molles (romance sirupeuse de Spartacus et Varinia, description ennuyeuse des camps du peuple esclave). Parmi les acteurs, seul l'excellent Peter Ustinov arrive à rendre son personnage attachant ; les autres ont un jeu unidirectionnel et caricatural. Ce drame épique, renié par Kubrick, ne mérite qu'une mention honorable.

mardi 27 avril 2010

GET CARTER (Mike Hodges, 1971)

"Get Carter", film de gangsters noir et violent, doit beaucoup au charismatique Michael Caine qui incarne ici un tueur froid, déterminé à venger son frère assassiné. Sous ses multiples angles, Newcastle offre un décor idéal à la mise en scène. Et malgré quelques faiblesses de rythme, ce polar urbain, d'un réalisme sans failles et bien ancrée dans son époque, conserve une belle patine.

dimanche 25 avril 2010

THE RIGHT STUFF (Philip Kaufman, 1983)

Trois heures de longueurs, de répétitions, de dialogues insipides. Seules les séquences d'actions aériennes, miraculeusement brillantes, maintiennent la tête du métrage hors de l'eau (mention spéciale à l'épisode du problème d'écoutille rencontré par Gus Grissom lors de la mission Mercury 4). "L'étoffe des héros" a raté son ambition de fresque épique et aujourd'hui, c'est un film un peu ronflant qui est très loin d'atteindre le firmament.

vendredi 23 avril 2010

ZÉRO DE CONDUITE (Jean Vigo, 1933)

Petite curiosité du cinéma français, le moyen-métrage "Zéro de conduite", trop précoce dans l'irrévérence, fut censuré pendant longtemps. De cette révolte collégienne, de ces images surréalistes d'anarchie, que reste-t-il aujourd'hui ? Pas grand chose, il faut bien le dire. C'est surtout le souvenir de Jean Vigo et un document pour l'histoire du cinéma.

mercredi 21 avril 2010

MILK (Gus Van Sant, 2008)

Scénario brillant, excellente réalisation, prestation remarquable de Sean Penn : "Harvey Milk" est un succès incontestable. Pourtant, lorsqu'on sait qu'il existe "The Times of Harvey Milk" un documentaire oscarisé il y a 25 ans, retraçant déjà l'histoire du politicien assassiné, on peut s'interroger sur l'intérêt de ce docu-fiction de Gus Van Sant qui, de surcroît, calque son aîné. Quoi qu'il en soit c'est un bel hommage et un exercice de style réussi.

mardi 20 avril 2010

THE BOAT THAT ROCKED (Richard Curtis, 2009)

Balourd de bout en bout, "Good Morning England" échoue dans l'entreprise pourtant inratable de promouvoir la musique populaire des années 60. Les djs qui en font des tonnes pour se la jouer cool semblent feindre leur passion pour le rock. Leurs auditeurs moutonniers ont une écoute qui paraît affectée. Une comédie qui manque singulièrement de sincérité. Bref un récif à contourner.

NATURAL BORN KILLERS (Oliver Stone, 1994)

Réalisation boursouflée esthétiquement laide. Scénario idiot truffé d'invraisemblances. Acteurs cabotins en roue libre. Ces "Tueurs nés" sont has-been. Il faudrait créer une sous-série à la série Z : la série NBK. Le film d'Oliver Stone en serait la pierre fondatrice.