samedi 27 mars 2010

¿QUIÉN PUEDE MATAR A UN NIÑO? (Narciso Ibáñez Serrador, 1976)

Ne nous attardons pas sur le long préambule voyeur censé donner de la substance à la fiction qu'on va voir. Imaginez alors le croisement des "Oiseaux" d'Hitchcock et du "Village des damnés" de Rilla, vous aurez grosso merdo une idée de ce à quoi ressemble "Qui peut tuer un enfant ?".
Malheureusement plombé par son duo d'acteurs pathétiques – qui peut tuer un film ? –, ce survival vaut quand même le coup d'œil pour quelques scènes particulièrement percutantes.

vendredi 26 mars 2010

BULLITT (Peter Yates, 1968)

McQ qui a la même expression faciale tout le long du film donne à son personnage de lieutenant de police des allures de zombie. Le scénario mollasson et confus offre un terrain propice à ses errances. Quant à la fameuse course-poursuite, on a plutôt l'impression que la production a fait un gros cadeau à son acteur vedette qui rafle au passage la bagatelle d'un million de $. La musique cool de Schifrin finit d'emballer un produit calibré.

jeudi 25 mars 2010

LA NOTTE DI SAN LORENZO (Paolo & Vittorio Taviani, 1982)

"La nuit de San Lorenzo" bien qu'empreint des souvenirs douloureux des deux frères réalisateurs n'est guère émouvant. La faute surtout à une galerie de personnages insipides, peu attachants, incarnés par des acteurs mal inspirés, parfois grotesques (voir le combat grand-guignolesque dans les champs de blé). Belles campagnes toscanes au crédit de la photographie.

mercredi 24 mars 2010

TAXI DRIVER (Martin Scorsese, 1976)

Porté de bout en bout par un De Niro à l'engagement une nouvelle fois époustouflant, filmé de main de maître par un Scorsese encore sobre, "Taxi Driver" est une œuvre intense, foisonnante et roborative.

THE NIGHT OF THE IGUANA (John Huston, 1964)

Un ex-pasteur (Burton) suspendu pour mauvaise conduite et reconverti en guide de voyage organisé conduit des touristes américaines à travers le Mexique. Tourmenté par les avances d'une lolita, il contraint le groupe à passer la nuit dans un hôtel dont la propriétaire est une vieille amie et trouve le réconfort auprès d'une cliente de passage à la vertu curative.
Magnifiquement filmé, "La Nuit de l'Iguane" manque incontestablement de puissance : "Lolita" déjà vue chez Kubrick en 1962 ; blasphème plus fin chez Buñuel dans "Viridiana" en 1960 ; thérapie finale qui traîne en longueur. Burton qui surjoue n'arrange rien.

MASTER AND COMMANDER (Peter Weir, 2003)

1805, durant les guerres napoléoniennes, la HMS Surprise, vaisseau anglais commandé par le capitaine Jack Aubrey (Russel Crowe) se lance à la poursuite de l'Achéron, frégate sous pavillon français.
Bon spectacle avec des scènes de combats plutôt bien faites mais une psychologie superficielle des personnages et une réflexion bien peu profonde. En somme un film dans le creux de la vague.

mardi 23 mars 2010

X (Roger Corman, 1963)

Le Dr. Xavier décide de s'inoculer un liquide de son invention dans le but d'étendre la vision au-delà du spectre visible. Les premiers résultats prometteurs l'entraînent à augmenter les dosages...
Tourné en 3 semaines pour 300 000 $, "L'Horrible Cas du Dr X" est un bon film de série B qui comporte des scènes chocs notamment celle de fin, par malheur techniquement nulle (et tronquée paraît-il d'une réplique controversée...).

EDWARD SCISSORHANDS (Tim Burton, 1990)

Conte de fées visuellement captivant et touchant bien que parfois un brin mièvre. Performance remarquable de Johnny Deep qui donne une âme pleine de grâce à Edward, personnage quasi-mutique (il ne prononce que 169 mots dans le film !). Excellente musique de Danny Elfman qui participe à la magie d'"Edward aux mains d'argent".

CROUPIER (Mike Hodges, 1998)

À Londres, un écrivain en panne d'inspiration, ancien croupier en Afrique du Sud, accepte à contrecœur de reprendre du service dans un casino. Grisé par des péripéties qui bouleversent sa vie jusqu'ici ordinaire, il retrouve sa verve.
Film sans grand éclat avec des acteurs un peu ternes, quelques scènes mollassonnes et surtout une réalisation qui respire trop le téléfilm. À voir si on aime l'ambiance des casinos, plutôt bien restituée.

samedi 20 mars 2010

NOTORIOUS (Alfred Hitchock, 1946)

La belle Alicia (Bergman), recrutée à Miami par un agent du gouvernement américain, Devlin (Grant), est envoyée au Brésil pour rentrer dans l'intimité d'un espion soupçonné d'implication dans un trafic.
Thriller complexe et romance raffinée, brillamment joué, "Les enchaînés" offre un suspense haletant qu'Hitchcock maintient avec brio de bout en bout jusqu'au final, surprenant.
À noter qu'après le tournage, Cary Grant garda la fameuse clé UNICA qu'il donna quelques années plus tard à Ingrid Bergman. Quelques années encore plus tard, l'actrice offrira le porte-bonheur à Hitchcock pour sa plus grande joie. La nôtre est de replonger dans un de ses films majeurs.

vendredi 19 mars 2010

DESERTO ROSSO (Michelangelo Antonioni, 1964)

Distorsion des bruits d'usines ; contraste entre couleurs criardes et grises des paysages environnants : tout concourt à exacerber la névrose du personnage central de l'histoire incarné par la belle Monica Vitti dont c'est le dernier film avec Antonioni. Il faut être prêt à affronter une constante austérité et la sécheresse de nombreuses scènes où les acteurs semblent n'être plus que des spectres. Au milieu du désert, l'histoire racontée à l'enfant est un oasis salutaire. Un film intrigant.

jeudi 18 mars 2010

THE ROAD (John Hillcoat, 2009)

The Road choisit l'ellipse en nous projetant dans son univers apocalyptique sans nous expliquer comment c'est arrivé. L'intérêt n'est pas le changement d'état. C'est le nouvel état, déjà avancé, dans lequel on est projeté de plein-pied. La vie s'y meurt. Deux survivants, père et fils, suivent dans un vain but la route qui mène au sud.
Ce road-movie force l'admiration par son aspect visuel. Viggo Mortensen incarne avec force ce père entièrement dévoué à son fils. Mais leur relation, essentielle, souvent émouvante, manque parfois de profondeur. Dommage que les propos, trop fréquemment manichéens, ne soient pas à la hauteur des images.

THE WRONG MAN (Alfred Hitchcock, 1956)

« J'ai réalisé pour vous bien des films de suspense. Mais je voudrais vous en montrer un tout différent. La différence réside dans le fait que c'est une histoire vraie jusque dans ses moindres détails. Pourtant, elle contient des éléments plus étranges que ceux des films que j'ai réalisés avant. ». C'est bien Hitchock qui parle au début du film (chose qu'il ne fera qu'ici), lui plutôt coutumier de ses apparitions fugitives. Voix persuasive, autorité acquise par une carrière de plus de trente ans déjà en 1956, on est forcé de le croire. La déception est d'autant plus frustrante au générique de fin qu'on a le sentiment d'avoir été floué. C'est bien sûr excellemment filmé ; Henry Fonda incarne à merveille ce faux coupable. Mais voilà, tout ça n'empêche pas une histoire convenue et finalement ennuyeuse. Un film mineur.

mercredi 17 mars 2010

BRINGING UP BABY (Howard Hawks, 1938)

Screwball comedy, "L'impossible M. Bébé" (titre en français ridicule) fit un four à sa sortie. Conséquences : Katharine Hepburn fut renvoyée au théâtre ; Howard Hawks fut viré de la production RKO qui suivit. Comment le film a-t-il pu depuis regagner les faveurs de la critique et du public ? Mystère... Grant avec un jeu étriqué, répétitif et crispant, et Hepburn qui n'avait jamais fait de comédie auparavant (ce qui se voit) ne sont pas drôles. Seul un fanatique de léopards saura subir ce défilé de gags catégorie Panzer.

dimanche 14 mars 2010

THE WICKER MAN [BO] (Paul Giovanni, 1973)

Le chaos occasionné à la sortie du film garantissait d'expédier la musique de Paul Giovanni au placard. Fort heureusement, elle a été depuis réhabilitée.
Laissons à Christopher Lee le soin de promouvoir lui-même la musique du film (à laquelle il participe d'ailleurs) : « La musique de The Wicker Man est assez extraordinaire. Je pense que c'est probablement la meilleure musique que j'ai entendue dans un film. Toutes les chansons sont totalement différentes les unes des autres et pourtant, elles résument parfaitement l'atmosphère des scènes. Ce que Paul Giovanni a achevé est tout à fait incroyable et d'une beauté absolue. Je pense que c'est remarquable et je le dis vraiment. »

MENG LONG GUO JIAN (Bruce Lee, 1972)

Gags lourdingues, combats chiches, réalisation très médiocre. Si l'on est indulgent – par respect pour Bruce Lee ou pour Rome – on dira que La fureur du dragon n'est pas un bon film ; si l'on est objectif, on sortira l'argument Chuck Norris (particulièrement inexpressif) pour le taxer de nanar.

L'UCCELLO DALLE PIUME DI CRISTALLO (Dario Argento, 1970)

Tourné en six semaines en 1969 à Rome, "L'Oiseau aux plumes de cristal" est le premier film du cinéaste et la seconde adaptation du roman de Fredric Brown.
Premier coup de maître que ce giallo au scénario plutôt malin. Quelques touches d'humour, rares dans le genre, le rendent fort distrayant.
À noter que les mains du meurtrier sont celles de Dario Argento dont la direction fut un moment contestée jusqu'à ce qu'on apprenne à quel point une secrétaire de production avait été effrayée par la vision des premiers rushes...

samedi 13 mars 2010

SPIDER BABY (Jack Hill, 1968)

Tourné en noir et blanc, en une semaine à peine entre septembre et octobre 1964, le film a coûté $65,000, ce qui a provoqué la banqueroute du producteur et retardé du même coup sa sortie. Originellement "Cannibal Orgy, and The Maddest Story Ever Told", son titre changera plusieurs fois en même temps que son propriétaire : "Spider Baby", "The Liver Eaters", "Attack of the Liver Eaters"...
Avec ce grain de folie qui oscille entre comédie et horreur, "Spider Baby", précurseur d'un paquet de films, a tout du petit classique inclassable.
http://www.spiderbabyonline.com/

samedi 6 mars 2010

REAR WINDOW (Alfred Hitchcock, 1954)

Quel ennui dans la première moitié du métrage ! Bavardages longuets ; psychologie peu subtile. Le suspense ne devient efficace que lorsque Garce pénètre dans l'appartement de l'assassin présumé. Malheureusement la scène d'action finale, bâclée, ternit de nouveau le métrage.
Finalement dans "Fenêtre sur cour", le crime ne paye pas : il n'est que distraction. Bref, d'une indéniable maîtrise technique, ce film à la tonalité trop légère n'est en aucun cas le chef d'œuvre qu'on surestime.

Filmographie (incomplète) Alfred Hitchcock

1935 - The 39 steps
1938 - The lady vanishes [**]
1940 - Rebecca [***]
1943 - Shadow of a doubt [*]
1944 - Lifeboat
1945 - Spellbound [**]
1946 - Notorious [***]
1948 - Rope [*]
1951 - Strangers on a train [***]
1954 - Rear window [*]
1954 - Dial M for Murder [**]
1955 - To catch a thief
1956 - The wrong man [*]
1958 - Vertigo [***]
1959 - North by northwest [***]
1960 - Psycho [***]
1963 - The birds [*]
1964 - Marnie [*]
1971 - Frenzy [**]