Film de gangster assez caricatural totalement ruiné par une fin ridicule. L'interprétation cabotine de James Cagney et la mise en scène de Curtiz parviennent néanmoins à susciter énormément d'enthousiasme.
Sibylline et presque sans dialogues, "L'œuf de l'ange" est une œuvre de science-fiction qui peut dérouter. Oshii y explore déjà ses domaines de prédilection : le symbolisme, la métaphysique, la philosophie... Très personnel, à des années lumières des préoccupations des mortels, le film sera un échec commercial. Pourtant, si l'on s'en tient purement à l'aspect sensoriel, les qualités foisonnent. Intrigant comme le "2001" de Kubrick, "Tenshi no tamago" a quelque chose d'indiciblement séduisant.
Dès son titre, le film de Lenzi attaque : "Milano Odia : la polizia non può sparare", "Milan réprouve : la police ne peut pas tirer". Comment alors régler la criminalité dans les rues de la capitale lombarde ? C'est l'impavide commissaire Grandi – Henry Silva, 1 m 88 – qui s'y colle. Lui voudrait bien tuer en cas de nécessité mais son collègue réprouve pour raison morale. Confronté à un fou sanguinaire (excellent Tomas Millian), Grandi finira évidemment par passer outre. Refusant tout compromis, "Milano Odia" est un poliziesco pessimiste, incisif et nerveux.
Classique de Minelli, "Les ensorcelés" se découpent en trois longues scènes rétrospectives qui expliquent comment un réalisateur, une actrice et un écrivain ont été séduits puis trahis brutalement par un producteur (excellent Kirk Douglas). On s'ennuie de ce scénario à répétition qui n'offre aucune surprise. Au palpitant, électrocardiogramme plat.
"Coup de torchon" adapté librement du livre "Pop. 1280" de Jim Thompson marque un fort contraste entre un personnage complexe, le policier Lucien Cordier incarné par Philippe Noiret (magistral), et d'autres caricaturaux. Dissimulé sous des airs d'abruti, Lucien met en place une justice expéditive, en toute impunité. On ne sait pas trop bien s'il agit consciemment ou sous l'impulsion d'une force extérieure, le début et la fin du film se montrant particulièrement obscurs. Film noir et caustique, intrigant, bien joué mais brumeux.
"Quatre mouches de velours gris" clôt la trilogie dite "animale" d'Argento. Expérimental jusque dans son casting (Jean-Pierre Marielle en détective homo, Bud Spencer en psychologue), ce giallo oublie trop souvent d'avancer. Régulièrement alors, des gags pénibles tentent de nous divertir. En vain. Sans doute est-on conscient de la fadeur de l'intrigue. Par morceaux on sent bien la patte du réalisateur de "Suspiria" mais le tout ne fait pas mouche...
"Cybèle ou les dimanches de Ville d'Avray" séduit par sa mise en scène pleine d'inventions et sa magnifique photographie noir et blanc. La jeune et émouvante Patricia Gozzi y donne avec talent la réplique à son partenaire, Hardy Krüger, qui interprète avec sensibilité un homme torturé. Le charme envoûtant qui émane de ce joli film poétique est rompu brutalement lors d'un dénouement trop hâtif et contestable.
Le même jour, Russes et Américains font exploser deux bombes nucléaires qui modifient l'axe de rotation de la Terre entraînant des bouleversements climatiques catastrophiques. Impossible de gober une telle ineptie aujourd'hui. On sait en effet que seuls des séismes de très forte magnitude peuvent modifier l'axe terrestre et seulement de quelques centimètres. Avec une telle invraisemblance scientifique, tout devient passablement discrédité. De plus le film esquive les difficultés en se plaçant du point de vue des bureaux d'un quotidien londonien (y sont justifiés d'une pierre deux coups le manque d'émotion et la profusion d'informations). L'agitation journalistique tente alors d'apporter un peu de crédit à l'histoire mais cela ne suffit pas à combler la vacuité de cette pâlotte série B.
"Il Boss" conclut la trilogie du milieu en portant exclusivement son attention sur la mafia sicilienne. Mario Adorf absent, c'est Henry Silva qui rempile, dans un rôle plus important et moins sclérosé que celui qu'il avait dans "La mala ordina". Conséquence : la froideur prend le pas sur l'humour, qu'on trouvera néanmoins chez le cynique préfet de police. Violent, réaliste dans les actes mais pas dans leur déroulement trop accéléré, "Il Boss" présente une mafia où l'on trahit sans scrupule au contraire du "Parrain" de Coppola sorti un an plus tôt qui montrait une famille Corleone unie, intransigeante en matière d'honneur. Terni par un scénario trop linéaire (c'est simple : on va de représailles en représailles) mais généreux en scènes coups-de-poing, ce troisième volet constitue un honnête spectacle.
Ce deuxième volet de la trilogie du milieu de Di Leo qui n'est pas proprement dit une suite au "Milano Calibro 9" est – disons-le d'emblée – relativement décevant. Cependant la présence de l'excellent Mario Adorf évite à "La mala ordina" de sombrer corps et âme grâce à son interprétation caméléon du proxénète Luca Canali, tour à tour sentimental papa-poule, faux naïf, belliqueux rebelle et vengeur impitoyable. Au contraire du premier volet de la série, les scènes d'action sont ici réussies (des bastons musclées et surtout une monstrueuse course-poursuite lorsque Canali disjoncte) mais avec un démarrage très poussif et un script ultra-plat, dans l'ensemble, ce polar à l'italienne frustre un peu.
Premier volet de la "trilogie du milieu" de Di Leo, "Milano Calibro 9" est un polar italien nerveux porté par un script habile, des acteurs crédibles et des dialogues savoureux (irrésistible joute verbale entre le commissaire de police milanais et le sous-commissaire Mercuri). Dommage que les scènes d'action demeurent un ton en-dessous (grosse fusillade singulièrement bâclée presque sans effusion de sang). Mais on n'en demande pas tant pour cette parfaite série B qui mérite véritablement d'être exhumée.
Un homme vient mettre du plomb dans la cervelle de péquenauds ayant jadis joué avec le feu. Les brebis égarés se rachètent. Le mouton noir est puni. "Black Rock" redore son blason. Message carré ; belle morale. Sur la forme, le film a ses qualités : bien joué par une pléiade d'acteurs plutôt aguerris ; admirablement photographié. Pour la musique, André Previn s'est égaré (le film n'est pas un western). Bref, sobre et sec, "Bad Day at Black Rock" est un assez bon film mais pas de quoi crier au génie.
Après une introduction parfaite qui nous explique la légende de la dama rossa et de la dama nera, il est dommage que le film accumule les travers : pléthore de personnages devenant ingérables, enquête policière très faible (l'inspecteur attend les trois derniers meurtres comme si c'était une fatalité), acteurs atteignant la limite de leur jeu de moins en moins convaincant... S'en suit forcément une baisse d'intérêt voire de l'ennui. Mention spéciale à la très belle musique de Bruno Nicolaï qui redonne des couleurs à ce ce giallo surestimé.
Commencé tambour battant, "The Hidden" fait illusion un moment. Mais bientôt les changements de corps du parasite extra-terrestre se suivent et se ressemblent à l'ennui, le rythme fléchit. Pis ! Bien avant la fin, tout semble clair comme de l'eau de roche. Malheureusement rien ne vient nous surprendre, pas même le plus petit retournement. Oublié des années 80, "The Hidden" ne mérite pas la réhabilitation.
Monicelli n'a pas caché qu'il a voulu réaliser une parodie du film noir français ou du film de gangster américain ("Rififi" de Jules Dassin sorti en 1955 ayant semble-t-il constitué le plus gros du modèle). En se dotant d'un scénario réaliste qui accorde, par exemple, un soin minutieux à décrire la préparation du casse, "I solti ignoti" s'éloigne de la pure comédie à l'italienne alors en vogue après-guerre. Malheureusement, le grotesque des personnages condamne le métrage à n'être qu'une grossière bouffonnerie. À voir dans une disposition en adéquation...
Catalogué au genre giallo, "Je suis vivant !" n'en suit pourtant pas les codes : pas de meurtres spectaculaires, peu de cadavres et nulle traque d'un tueur en série. Commencé sur une trame originale (voir le titre français un peu trop explicite), le récit, bien structuré mais mollasson, ne parvient jamais à créer de vraie tension. Et le dénouement, amenée de façon fort malhabile, ne surprend malheureusement pas. Prague, décor à fort potentiel, n'est que médiocrement exploitée et Morricone fournit une partition ordinaire. "La corta notte delle bambole di vetro" n'a donc vraiment d'intérêt que pour les tifosi du giallo.
C'est un pari difficile de réussir un film de 3 h. Malheureusement, ce péplum est de ceux qui n'y parviennent pas. Bâti cahin-caha, dirigé sans latitude par Kubrick, "Spartacus" est inégal. Bon jusqu'à la révolte des gladiateurs du camp d'entraînement, il s'enlise ensuite régulièrement dans un bourbier de scènes molles (romance sirupeuse de Spartacus et Varinia, description ennuyeuse des camps du peuple esclave). Parmi les acteurs, seul l'excellent Peter Ustinov arrive à rendre son personnage attachant ; les autres ont un jeu unidirectionnel et caricatural. Ce drame épique, renié par Kubrick, ne mérite qu'une mention honorable.
"Get Carter", film de gangsters noir et violent, doit beaucoup au charismatique Michael Caine qui incarne ici un tueur froid, déterminé à venger son frère assassiné. Sous ses multiples angles, Newcastle offre un décor idéal à la mise en scène. Et malgré quelques faiblesses de rythme, ce polar urbain, d'un réalisme sans failles et bien ancrée dans son époque, conserve une belle patine.
Trois heures de longueurs, de répétitions, de dialogues insipides. Seules les séquences d'actions aériennes, miraculeusement brillantes, maintiennent la tête du métrage hors de l'eau (mention spéciale à l'épisode du problème d'écoutille rencontré par Gus Grissom lors de la mission Mercury 4). "L'étoffe des héros" a raté son ambition de fresque épique et aujourd'hui, c'est un film un peu ronflant qui est très loin d'atteindre le firmament.